Une semaine…
Une semaine nous sépare de notre départ vers Darnétal, notre première compète downhill à nous les ours (sauf à Pauca et Adri coutumiers du fait), et moi, j’ai peur..
Une semaine, déjà, que je ne dors presque plus, obnubilé par cet évènement, cette remise en cause de soi-même..
Le longboard, je le vois depuis mes débuts en novembre 07, comme une prolongation de ma vie de tous les jours, c’est à dire un exutoire, une extension de ce que je vis chaque jour au guidon de ma bécane ou encore avec mes gamins qui ont inventé à eux-seuls le RedBull c’est à dire, un besoin vital, une occasion de profiter de la vie tant qu’on est capable de le faire au détriment des préjugés et autres idées reçues..
Mais là… Darnétal, c’est une compétition, moi qui, depuis toujours refuse ce face-à-face d’idéologie quasi-capitaliste, je n’ai qu’une envie, prendre le volant et partir rider dans une organisation cadrée, avec plein de mecs que je ne connais pas, prêts à en découdre sur même pas 3 km de route alors qu’on a, chez nous, des spots de 5 à 20 km à rider entre potes..
On sera loin de la bourade entre ours où je m’appuie sur toi ou te tire en arrière (ou te pousse) avant une épingle.. non, là, ’s’agira d’être propre, respectueux et presque professionnel et ça, ça m’angoisse…
Alors quoi me direz-vous..ben je sais pas..
Du coup, je le prends comme un exutoire version ++, une occaze de concrétiser tout ce qu’on essaye de mettre en place ici, avec la Familia (copains Lyonnais y-compris), j’entends par là, faire connaître notre passion, notre sport, tenter, quelque part, de communiquer sur ce qui nous motive, nous fait vivre (Steve, là, c’est toi!), ce qui fait partie de nous en sorte..
Le longskate, c’est une constante remise en question.
On a beau être grande-gueule (Pommy encore pardon), le fait, par exemple, que des mecs que je respecte plus que tout niveau ride, viennent nous rendre visite le week-end prochain sur des spots un peu chauds de par chez nous, me fout l’angoisse de savoir si je serais à la hauteur, si je me mettrais pas au tas de façon temporaire ou définitive…
Brèfle, j’ai pour habitude et doctrine de me moquer de ce qu’on pense de moi, je me moque des jugements tant au niveau personnel que professionnel, mais là, j’avoue, j’ai peur.
Peur de pas être à la hauteur niveau ride, niveau poussée, niveau santé. Je bois régulièrement des bières plutôt que de me forger une santé d’athlète, et l’idée de me mesurer à des mecs affutés m’angoisse..
Pour me rassurer, je me dis qu’on y va pour la déconnade, pour voir quoi, mais une part de moi me dit “fais pas le voyage pour rien”… alors voilà quoi..
Darnétal.. on sera loin du ride d’ours aux touchettes (voire pire), on se doit d’être propre, professionnel presque et je sais pas si je serais à la hauteur..
Mais quoi qu’il en soit, j’y serai bordel! J’y serai!
Nous irons à Darnértal, ma grande-gueule et moi, mais ayez bien à l’esprit qu’une grosse part d’humilité se cachera sous mon air bravache, mes golibets et autres sarcasmes.. parce que oui, bien que tout de cuit vêtu, c’est nu, en quelque sorte que j’irai là-bas.
Mais j’irai, pour moi, pour la Familia, pour Steve, j’irai!
–
jere



